Le paysage culturel

 

Le paysage, tel que nous le voyons aujourd'hui, est le fruit de nombreuses transformations, intervenues au cours des siècles, pour rendre habitable, cultivable et utilisable une terre aride, abrupte et accidentée ; c'est le résultat du travail de générations successives qui a abouti à une organisation agricole diversifiée.

L'intervention constante des communautés - pour élargir les zones à exploiter d'un point de vue agricole, créer des voies de transport et assurer l’approvisionnement en eau - ainsi que la création de zones habitées, ont construit dans les époques passées ce que nous admirons aujourd'hui : le paysage culturel.

 

Hône et Arnad : section de la vallée centrale. Hône et Arnad : section de la vallée centrale.

Verrayes et Saint-Denis : section de la vallée centrale. Verrayes et Saint-Denis : section de la vallée centrale.

Bionaz et Oyace (à gauche) et Valgrisenche (à droite) : parties de vallées latérales. Bionaz et Oyace (à gauche) et Valgrisenche (à droite) : parties de vallées latérales.

 

 

LES PARCOURS HISTORIQUES

Il s'agit de chemins muletiers pour les cols, de voies de liaison entre les villages, de routes de transhumance et de sentiers qui permettent, à toutes les altitudes, d'accéder aux cultures, aux forêts, aux pâturages, mais aussi de prendre part aux pèlerinages et aux processions religieuses.

Les parcours historiques se distinguent par leur tracé proprement dit et leur importance fonctionnelle, mais aussi par leur structure : des murs en pierres sèches soutiennent le terrain, en aval ou en amont, avec éventuellement des marches rudimentaires en pierres décalées, en saillie par rapport au parement. Une autre caractéristique est le plan de piétinement : simple terre battue ; boutisse de chant pour stabiliser le fond ; cailloutage ou dallage pour embellir les passages ; marches et gradins en pierre pour surmonter les dénivellations.

La partie immédiatement visible est sans aucun doute celle des délimitations des parcelles, destinées à empêcher le bétail de quitter le sentier et de pénétrer dans les champs : de palissades en bois des plus simples, clôtures plus sophistiquées, murgères, ou pierres verticales plates enfoncées dans le sol ; parfois, il reste encore des rangées d'érables ou de frênes.

 

Perloz (à gauche) : chemin muletier entre deux murs bordés de frênes ; Pontboset (en haut à droite) : pont sur l'Ayasse ; Arvier (en bas à droite) : palissades. Perloz (à gauche) : chemin muletier entre deux murs bordés de frênes ; Pontboset (en haut à droite) : pont sur l'Ayasse ; Arvier (en bas à droite) : palissades.

 

 

RUS

Le long des chemins, les rus (canaux artificiels) marquent le paysage non seulement par leur lit - rendu plus imperméable, dans les zones les plus sèches, par le ballast et les murs en dalles de pierre - mais surtout par la différence de cultures : terrains irrigables en aval du cours d’eau (caractérisés par les cultures fourragères), terrains secs ou boisés en amont.

 

Lillianes (à gauche) : canal rural ; Lillianes (en haut à droite) : bassins ; Nus (en bas à droite) : ru Mazod. Lillianes (à gauche) : canal rural ; Lillianes (en haut à droite) : bassins ; Nus (en bas à droite) : ru Mazod.

 

 

TERRASSES

Les terrasses, structures de maçonnerie soutenant les terrains et servant à atténuer la pente, à améliorer l'exposition et à arrêter l'écoulement des eaux, sont d'autres marques importantes liées au système d’exploitation des sols. Elles sont le plus souvent parallèles aux courbes de niveau, construites de manière discontinue ou en longues bandes, voire perpendiculaires à certains endroits, pour clôturer une parcelle.

À proximité des terrasses se trouvent souvent des tas de pierres provenant de l’épierrage et du nettoyage des prés et surtout des champs : elles sont disposées le long des lignes de délimitation des parcelles, le long de la pente maximale, ou en tas, notamment sur des rochers préexistants.

 

Pont-Saint-Martin et Donnas : terrasses. Pont-Saint-Martin et Donnas : terrasses.

 

 

LES CENTRES ANCIENS

Si les routes sont les mailles d'une trame dense et irrégulière, les centres anciens en sont les nœuds. La configuration de ceux-ci dépend à la fois de l'orographie, du type de relation avec l'axe routier et, bien sûr, de leur importance :

Bourgs, lieux d’agrégation primaire, liés aux routes historiques les plus importantes, souvent anciennement défendus par des systèmes de clôture (murs d’enceinte, portes, tours, châteaux ou maisons-fortes).

  

Bard : bourg et Fort. Bard : bourg et Fort.

 

 

Villes, centres où se concentrait la population déjà au Moyen-Âge, souvent caractérisés par des plans parcellaires compacts et ordonnés, sièges de résidences seigneuriales ou de communautés fortes.

 

Ayas : ville (au centre de la photo). Ayas : ville (au centre de la photo).

 

 

Villages, centres de dimensions plus petites, dans lesquels la relation avec l'environnement agricole et naturel est particulièrement importante.

 

Torgnon : village Triatel. Torgnon : village Triatel.

 

 

Hameaux, centres plus petits que les villages.

 

Bard : hameau Albard. Bard : hameau Albard.

 

 

Il existe également d'autres agglomérations, qui n’ont pas joué de rôle historique central par rapport à leur zone environnante, ou bien qui sont de formation plus récente.

 

Aoste : quartier ouvrier  Cogne. Aoste : quartier ouvrier Cogne.




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